In love de Lens

[Article réactualisé en juin 2020]

La tribu #EnFranceAussi s’est retrouvée en octobre 2018 pour un blogtrip placé sous le signe de l’amour. Grâce à Chacha, notre ambassadrice Hauts-de-France, et à Florence, de l’office du tourisme de Lens-Liévin, nous avons eu la chance de découvrir Lens et de prendre goût à ce « sens de l’essentiel » qui fait la particularité de ce territoire tellement attachant.

Au programme : de l’art et de l’amour au Louvre-Lens, une ascension épique des terrils, de la bière et de la frite et puis évidemment de l’histoire et de la mémoire (et tout ça à une heure de Paris en TGV !). En bref, tout ce qu’on aime.

Depuis ce blogtrip, nous sommes retournées à Lens plusieurs fois pour la préparation de notre exposition Vest Pocket Memories à Notre-Dame-de-Lorette. Chaque passage a été l’occasion de retomber en amour toujours un peu plus de Lens et de ses environs. Et aussi de tester de bonnes adresses gourmandes que nous partageons dans cet article !

Nous avions déjà découvert cette région lors d’un roadtrip à l’arrache au printemps 2017 au moment du centenaire de la bataille de Vimy. Derrière les deux piliers du mémorial canadien, nous avions alors découvert la plaine de Lens, cet horizon plat avec ses pyramides grises jumelles.

Ce moment reste l’un de nos souvenirs les plus marquants parmi nos roadtrips de mémoire, avec cette sensation tellement forte de se trouver sur une zone sismique de l’histoire. Nous étions allées voir les deux pyramides et avions atterri par hasard à la nécropole de Lorette en cherchant un endroit où dormir avec le van… A l’époque, nous n’aurions jamais cru que c’est là que nous ferions notre première exposition !

cropped-p1160706.jpgMais nous étions restées sur notre faim, car nous n’avions même pas mis les pieds dans la ville de Lens et qu’il nous restait comme un goût de revenez-y… Alors vous pensez bien que nous étions ravies de pouvoir y retourner, avec les copains en plus !

Voici la liste de nos coups de cœur.

Les coups de cœur d’Hélène

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Immersion au Louvre-Lens

Nous partons samedi matin à l’assaut du Louvre-Lens. La journée est belle, et concourt à l’ambiance de colonie de vacances qui règne dans la navette nous conduisant au musée. Florence nous accueille chaleureusement sur le parvis. Le bâtiment est entouré d’un parc empli de promeneurs et de cyclistes. Le soleil entre à flot dans le hall central qui, grâce à son centre documentaire ouvert et ses espaces de circulation, a un air d’agora.

P1000736Les deux maîtres mots du musée sont l’accueil et l’humilité. Le musée s’est détaché du parrainage un peu écrasant du Louvre parisien. Il affirme sa propre identité, basée sur son inscription dans le territoire et sur le partage, avec des réserves ouvertes et des visites dans les ateliers de restauration. Comme je travaille dans le domaine muséal, je sais qu’une démarche comme ça demande du temps et de l’implication, mais c’est aussi la clé de l’avenir des musées.

Notre guide Gunilla nous présente la Galerie du Temps. Pour une ancienne étudiante de l’Ecole du Louvre, c’est comme retrouver des vieux amis. Sauf que contrairement à moi, les statues ont encore la ligne et n’ont pas pris une ride !

J’aurais vraiment aimé que cette galerie existe au temps de mes révisions. Les influences entre les différentes aires géographiques sont facilement lisibles. Ça aurait été vraiment le bonheur pour nous, pauvres étudiants noyés sous les bouquins, les références obscures et les divagations de certains profs.

Nous nous offrons une jolie déambulation à travers l’histoire de l’art. Sachez que la Galerie du Temps est gratuite, vous pouvez donc passer saluer vos copains quand vous le voulez. Classe.

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Au musée du Louvre-Lens, vous verrez aussi de très belles expositions temporaires. Nous y avons vu les expositions « Amour » et « Homère » et nous irons bientôt découvrir la prometteuse exposition « Soleils noirs », qui dure jusqu’au 25 janvier 2021. 

Se faire plaisir autour du Louvre-Lens

Lors d’un passage à Lens en juin 2019, nous avons testé deux très belles adresses où dormir et où manger juste à côté du Louvre-Lens. Exit les soirées en van, c’était notre moment lifestyle !!

Nous avons eu la chance d’être invitées pour une nuit à l’hôtel du Louvre-Lens, qui est installé dans d’anciens corons et qui avait ouvert quelques mois plus tôt. Une réhabilitation intelligente et élégante de ces anciens habitats de mineurs, à deux pas de l’ancienne cité minière.

Ici, le noir est à l’honneur, en hommage au charbon, mais il est chaleureux. L’accueil, comme toujours, est adorable. Les chambres sont confortables et cosy, avec un beau mélange de matériaux industriels. Au Galibot, le restaurant de l’hôtel, vous pouvez boire un cocktail ou diner. Le buffet du petit-déjeuner est génial !

(Adresse  : 168 rue Paul Bert).

Lors du même week-end, nous avons fait une petite folie au restaurant L’Atelier de Marc Meurin, sur le parvis du Louvre-Lens. Installées dans cette bulle de verre face au musée, nous nous sommes régalées (comme vous pouvez voir sur la photo) ! C’était fin, inventif et là encore, chaleureux.

(Adresse : 97 rue Paul Bert)

Visite « Lens, mine d’art déco »

Cette visite se fait au départ du Louvre-Lens. Notre guide Chrystelle nous présente sur une maquette le carreau de fosse n°9 où est maintenant construit le musée, puis nous conduit d’un pas décidé vers la cité d’habitation des mineurs Saint-Théodore.

Je suis surprise, car pour moi la ville de Lens est étroitement liée à la mine. Mais en réalité, la cité minière et la ville sont clairement séparées. En fait, les mineurs n’allaient jamais dans le centre puisque tout était prévu pour eux à côté de leur lieu de travail : l’école, les magasins de la coopérative, le dispensaire. C’est une plongée fascinante dans un univers clos où tout est soigneusement pensé.

Le chemin entre le lieu de travail et le lieu d’habitation s’effectue sous la surveillance du directeur de la mine et du curé, dont les deux maisons sont placées stratégiquement pour avoir une vue sur l’ensemble du site (un peu Big Brother, tout ça). Le dispensaire est situé juste après le prieuré, puis viennent l’école et le collège d’enseignement domestique pour les filles. L’église porte le nom de Saint-Théodore, du nom du directeur de la mine. Rien n’est laissé au hasard.

P1000764Toute la vie du mineur est réfléchie. Par exemple, un des loisirs proposés aux travailleurs était la chorale, car elle permettait d’occuper les soirées et ainsi d’éviter le bistrot ou, pire, les réunions syndicales ! Cela développait aussi la capacité thoracique et respiratoire des mineurs, ce qui leur était utile pour leur travail.

Les agitateurs étaient également tenus à l’œil. L’un des moyens pour éviter le désordre ou les revendications intempestives étaient de leur octroyer les habitations les plus éloignées du carreau de fosse. Une demi-heure de marche de plus matin et soir après une grosse journée de boulot, ça vous calme son homme.

Tout n’est cependant pas si manichéen. Les directeurs, malgré leur paternalisme marqué, sont pour la plupart sincèrement attachés au territoire. Par exemple, en 1932, en pleine crise économique, Felix Bollaert procure du travail à des milliers de chômeurs en faisant construire le célèbre stade de foot qui porte son nom.

P1000767Cette visite d’un monde disparu pose vraiment des questions. Lorsque les mines n’ont plus été rentables, ce n’est pas juste leur emploi que les mineurs ont perdu, c’est leur mode de vie, leur avenir et leur identité.

Je repense à cela en discutant avec Florence, le soir en haut des terrils. Comment gérer cette perte d’identité  ? Florence me dit que ce n’est pas la première fois que le Pas-de-Calais a souffert de tels bouleversements, mais que c’est, en effet, une question épineuse.  La mémoire du monde minier est loin de faire consensus.

Certaines personnes idéalisent la vie de l’époque, oubliant les conditions de vie d’alors, et veulent garder l’ensemble des bâtiments intacts. D’autres, au contraire, veulent faire table rase du passé tandis que certains prônent une voie médiane entre sauvegarde et reconversion.

Quoiqu’il arrive, c’est un territoire qui a une vraie capacité à se renouveler et à « habiter » son histoire. Que ce soit autour des carreaux de fosse, sur les terrils ou près de Notre-Dame de Lorette, la vie est là. La fermeture des mines n’a pas été une fatalité. L’énergie des habitants est vivace, on le sent.

P1000766bUn petit tour en bus et nous voici dans le centre de Lens. Là encore, surprise. Loin de l’uniformité des pavillons en brique de la cité minière, la ville de Lens s’enorgueillit de nombreuses façades ornées style Art Déco.

C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais la ville a été entièrement détruite pendant la Première Guerre mondiale. J’ai vu des photos de l’époque et c’est incroyable, il n’a plus un seul immeuble debout. La ville est un champ de ruines. Elle entame sa reconstruction grâce aux dommages de guerre fournis par l’Etat.

Imaginez-vous à la place de ces gens qui avaient tout perdu. Qu’auriez-vous fait ? Auriez-vous reconstruit à l’identique, comme c’est le cas à Arras ou en Flandre ? Ou bien auriez-vous eu envie de quelque chose de totalement nouveau ?

Lens a choisi son camp et décidé de construire avec un style nouveau. La cité est embellie et améliorée selon les principes hygiénistes, mais aussi esthétiques, de l’époque. Mon bâtiment préféré est la gare de Lens, construite en 1927. Réalisée par Urbain Cassan, elle a la forme d’une locomotive, symbole d’une modernité glorieuse. Enfin, c’est comme cela que l’on pensait à l’époque. La mine y est célébrée à l’intérieur dans les fresques d’Auguste Labouret.

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Découvrez d’autres photos de Lens prises en argentique dans ce post Balades argentiques de printemps !

La gastronomie locale

J’ai envie de commencer cette rubrique par une citation tirée du menu d’un restaurant appelé Chez Cathy et qui, je pense, dit beaucoup de choses sur la cuisine locale : « Nos frites sont sans huile de palme car cuites dans la graisse de bœuf. » La cuisine du Pas-de-Calais, c’est une gastronomie comme je l’aime, cosmopolite, roborative et forte en goût. Petit panel de mes plats préférés.

P1000755Le potjevleesch est un plat d’origine flamande constitué de viandes en gelée. Je tiens à préciser tout d’abord que j’ai une vraie histoire d’amour avec ce plat qui m’a sauvé la vie plusieurs fois. Je l’ai rencontré lors d’une soirée étudiante et je l’ai redécouvert en 2012 lors de l’ouverture du Louvre-Lens.

Et oui, Lens, déjà. Je devais venir y travailler une journée. C’était l’hiver, il faisait froid, je portais des Converse pour être stylée (ce qui était idiot, car j’avais juste l’air conformiste et que j’avais les pieds mouillés). J’étais à deux doigts de la dépression et de la pneumonie quand j’entrai dans un estaminet. Je commandai donc un potjevleesch et des patates au maroilles, un mélange osé mais délicieux qui a fait remonter ma température corporelle de plusieurs degrés.

Lors du blogtrip #EnFranceALens, j’ai regoûté cette spécialité avec des frites à la Loco, une institution lensoise située juste en face de la gare, et le charme a opéré de nouveau. Ce plat réconcilierait le pire des grincheux avec le monde.

La Loco est une de nos adresses préférées à Lens ! Après le vernissage de notre exposition, nous avons débarqué là-bas à quinze sans avoir réservé et avons reçu le meilleur accueil du monde. Hélène lancera d’ailleurs à un serveur la fameuse phrase : « J’adooore votre établissement ! » (Adresse : 105 rue Jean Letienne).

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Des blogueuses se cachent sur cette photo prise à la Loco, les reconnaitrez-vous ?

J’ai aussi envie de vous parler de la fameuse carbonade mangée Chez Cathy, à deux pas du Louvre-Lens. Le concept de ce plat est intéressant. Imaginez un bœuf bourguignon. C’est un plat de viande en sauce, goûtu, roboratif et, somme toute, bien classique. Imaginez maintenant qu’un lutin verse dedans du pain d’épice et de la bière. Vous avez maintenant un plat en sauce roboratif, goûtu et qui claque un max !

Chez Cathy, vous pourrez aussi goûter le filet de porc sauce maroilles et ses patates à l’ail, ça envoie du lourd ! Et si vous avez le malheur de dire que vous avez la gueule de bois, on vous offrira direct un shot d’alcool fort pour « rallumer la chaudière ». Une autre de nos adresses préférées (au 220 rue Paul Bert).

Dernier coup de cœur, la nourriture polonaise issue des communautés de mineurs venues s’installer en France. C’est juste délicieux. La charcuterie dégustée pendant l’apéro sur les terrils, les makocz dans les pâtisseries. Tout est à tomber par terre.

Il y a une adresse incontournable à Lens pour un mémorable repas polonais : chez Babcia. Le concept rend hommage aux couleurs de la Pologne, mais aussi aux grands-mères polonaises et à leur cuisine familiale.

Paule-Elise y a goûté un zurek (soupe aigre aux épices, œufs durs et saucisse) qui était selon elle aussi bon qu’à Gdansk. Après, elle a eu du mal à finir son bigos (choucroute polonaise au paprika), c’est étonnant. Ce qui nous a valu de repartir avec un tupperware et d’embaumer notre wagon de TGV au retour. Chez Babcia, les portions sont généreuses et les festins mémorables !

(Adresse : 13 rue Guislain Decrombecque, dans le centre-ville).

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Les becs sucrés iront pour leur part prendre leur goûter chez Jeanson (42 place Jean-Jaurès), institution locale qui propose pâtisseries, boissons et traiteur. Il y a même une pâtisserie en hommage aux terrils !

Après cette mise en bouche, j’espère que vous allez vous ruer sur les spécialités lensoises. L’office du tourisme de Lens-Liévin propose un Lens Liévin Food Tour qui vous permet de goûter différentes spécialités dans les boutiques de la ville et des environs. A essayer sans modération !

Les coups de cœur de Paule-Elise

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L’ascension épique des terrils du 11/19 by night

Ces deux-là, ils sont partout. On les voit depuis Vimy, on les voit depuis le Louvre-Lens, on les voit depuis le centre-ville. Ils attirent le regard comme deux aimants, ces deux cônes gris jumeaux faits de rebuts miniers. Le samedi soir, ils sont là juste pour nous, ils nous attendent. Attention séquence aventure.

A la nuit tombante, notre sherpa Florence nous guide parmi la végétation endémique. Nous faisons connaissance avec une tribu locale dénommée les Blogueurs HDF et avec qui nous trouverons vite un langage commun, celui de la bière. Mais patience. Tout se mérite. Il faut grimper, un pied devant l’autre, et même pour certains une tong devant l’autre. Le ciel s’obscurcit et la silhouette des terrils se rapproche de nous, imposante, lisse, lunaire.

P1000815Au camp de base, le ravitaillement nous attend, mais nous décidons de nous lancer dans l’ascension d’abord, braves et courageux que nous sommes. A la lueur des frontales smartphones, nous grimpons les uns derrière les autres vers le sommet. Il n’y a que nous dans le trou noir que forment les terrils au cœur de la plaine illuminée. Arrivée au camp 2. On sort les trépieds, on allonge le temps de pose des appareils photos, on est concentrés.

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Il reste une dernière étape pour les plus vaillants, ceux qui n’ont pas froid aux yeux, ceux qui rêvent de l’ivresse des sommets ! Le chemin s’éboule et nous montons lentement. Le manque d’oxygène (ou d’alcool) nous ralentit. Encore quelques pas.

Le vent se lève alors que les dernières lueurs du jour disparaissent. Nous y voilà. Sur le toit des terrils les plus hauts d’Europe. Encore essoufflés, nous savourons la vue à 360 degrés depuis les 184 mètres d’altitude. Vive nous.

Il est temps de redescendre, pleins d’entrain et d’allégresse, vers le camp de base où l’apéro nous attend : bières locales et grands plateaux de charcuteries et fromages polonais et italiens. Malgré la température qui baisse, quel moment chaleureux, là dans la lumière des phares de la voiture qui projette nos ombres sur les terrils, à rire et à papoter dans ce paysage unique, extraordinaire. Inoubliable.

L’office du tourisme de Lens-Liévin organise chaque mois des apéros bière-fromage dans des endroits insolites… suivez leur agenda de près !

L’expo Wool war one au Mémorial 14-18 Notre-Dame de Lorette

P1000851On l’a dit au début de cet article, Lens et ses alentours sont marqués par l’histoire de la Première Guerre mondiale. C’est d’ailleurs ce qui nous avait emmenées ici la première fois. Nous sommes retournées sur ces lieux de mémoire avec la troupe #EnFranceALens et c’était vraiment émouvant pour nous de partager notre passion avec les copains.

Je crois que tout le monde a été pris aux tripes au pied du monument de Vimy ou dans l’Anneau de la mémoire. Nous avons eu de belles discussions après, chacun exprimant son ressenti sur l’histoire. Encore un moment essentiel.

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Avec Mathilde, médiatrice au Mémorial 14-18 Notre-Dame-de-Lorette

Et puis nous avons eu la chance de découvrir l’exposition « Wool war one » au Mémorial Notre-Dame de Lorette. C’est un très bel endroit, sobre et solennel à la fois, un cube noir qui abrite une exposition permanente qui permet vraiment de mieux comprendre les affrontements qui ont eu lieu dans les environs, et notamment l’ampleur des destructions.

Dans un couloir ouvert sur les terrils, une cohorte de 780 petits soldats de laine nous attend. Ce sont les soldats « Wool war one », tricotés à l’initiative de l’artiste Délit Maille, qui s’avancent sur 15 mètres de long. Certains ont des tresses, des turbans ou des moustaches, mais ils n’ont pas de visage, sauf le soldat inconnu qui les surplombe depuis son piédestal.

On dirait des petites poupées, des jouets innocents. Ils marchent vers l’inconnu. Leur dos est voûté, leurs besaces semblent bien pesantes. Ils paraissent si fragiles, voués à un destin anonyme.

Le projet est complètement fou, car l’artiste n’a pas tricoté tous ces soldats elle-même, elle a reçu l’aide de 499 tricoteuses et 1 tricoteur ! Des soldats du monde entier tricotés par des mains du monde entier. La troupe #EnFranceALens a eu un coup de cœur collectif pour cette installation simple et bouleversante, utopiste et universelle.

Les soldats de laine ont été exposés à Paris, à Roubaix et même à Montréal ! Après l’exposition à Lorette, ils ont été expédiés dans des familles adoptives. Nous avons d’ailleurs eu la chance d’en adopter un

Où manger autour de Notre-Dame-de-Lorette ?

Les sites de mémoire sont impressionnants et nous vous conseillons de prendre le temps pour ces visites souvent intenses. Et de faire des pauses gourmandes, par exemple.

Au pied de la colline de Lorette, juste en face du centre d’histoire, arrêtez-vous pour déjeuner à A l’potée d’Léandre, un estaminet bien authentique. Si on vous dit générosité et convivialité, vous allez dire qu’on se répète, mais ce n’est pas notre faute si on est bien accueilli partout dans ce coin !!

Chez Léandre, on vous conseille la martiflette (une tartiflette au maroilles, c’est bien ça), suivie d’une tarte au sucre. On n’a pas dit léger, par contre, vous remarquerez. Là encore, il n’est pas rare de se faire offrir un petit genièvre maison ou autre digestif en fin de repas…

(Adresse : 107 rue Pasteur, à Souchez)

Toujours à Souchez, un charmant salon de thé a ouvert récemment : l’Indécise. Les pâtisseries sont complètement indécentes et on peut aussi y déjeuner. Le cadre est joli, avec une terrasse ensoleillée à côté de la rivière. (Adresse : 51 rue Raoul Briquet, à Souchez)

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Chez Léandre, la fée verte vous accueille…

Un portrait : Emilienne Moreau-Evrard, une héroïne locale

Quand on voyage, on aime bien vous parler des figures locales d’hier ou d’aujourd’hui. Deux semaines après le blogtrip, je me retrouvée par hasard à faire la synthèse d’un colloque sur les femmes dans la Grande Guerre pour le boulot. Il était notamment question d’Emilienne Moreau-Evrard, une héroïne des deux guerres originaire de Loos-en-Gohelle, là où se trouvent les terrils du 11/19. Son histoire résonne complètement avec les endroits qu’on a vus, alors j’avais envie de vous parler un peu d’elle.110502123_o

Née en 1898, Emilienne Moreau devient une star à 17 ans pour avoir aidé des soldats français et alliés durant les terribles batailles de 1915 autour de Lens.

Le village de Loos-en-Gohelle, qui est un site minier, est détruit à 90 %. La jeune femme y vit alors. Elle soigne les blessés, informe les troupes alliées et va même jusqu’à tuer des soldats allemands qui la menaçaient.

En quelques mois, elle devient un symbole de la résistance à l’ennemi et son image est partout : dans le métro parisien ou envoyée aux soldats sur le front pour leur redonner courage. Ses mémoires, publiées en feuilleton, font un tabac et lui permettent de faire vivre sa famille, qui a tout perdu à cause des destructions massives dans la région.

Après la Première Guerre, elle se marie avec un militant de la SFIO du Pas-de-Calais, Just Evrard, et le couple se bat pour les idées socialistes. Mais la guerre revient en 1939 et le Pas-de-Calais est à nouveau en première ligne.

Les Français ont oublié la jeune héroïne de Loos, mais pas les Allemands, qui la mettent en résidence surveillée immédiatement. Cela n’empêchera pas Emilienne et son mari d’être très actifs dans la Résistance. Après avoir fui pour Evian et avoir réchappé de peu à une souricière à Lyon, elle est finalement exfiltrée à Londres en 1944. Elle sera l’une des six femmes à être faite Compagnon de la Libération. Elle meurt en 1971 à Lens.

Quel destin ! Pour la petite histoire, sachez qu’un biopic a été tourné sur elle en 1916 en Australie. Le film « The Joan of Arc of Loos » visait alors à recruter des troupes australiennes pour venir combattre en France et en Belgique. Le village de Loos-en-Gohelle a d’ailleurs été reconstitué sur les plages australiennes à cette occasion.

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Les couleurs du RC Lens, vous le savez sûrement, sont le sang et l’or. Il parait que ça viendrait du drapeau espagnol, car Lens, il y a fort longtemps, a fait partie des Pays-Bas espagnols (quand on parle de zone sismique de l’histoire !).

Ces couleurs lui vont bien, d’abord parce qu’elles sont pleines de chaleur. Mais aussi et surtout pour le symbole : le sang sous la terre et l’or dans le cœur.

Un immense merci à Florence et à l’Office du tourisme de Lens-Liévin pour l’organisation de ce week-end « essentiel » ! Un immense merci aussi à Chacha pour la coordination de notre joyeuse équipe !

Retrouvez les autres articles du week-end #EnFranceALens sur le webzine En France Aussi.


26 réflexions sur “In love de Lens

  1. à te lire, j’ai envie de manger de la carbonnade flamande, ça ne doit pas être si difficile que ça, non !
    J’ai aussi l’impression d’être une super aventurière vue la façon dont tu racontes notre montée sur le terril.

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  2. Quel beau récit. Votre article est un véritable reportage. Bravo mes dames d’avoir si magnifiquement narré ce week-end exceptionnel.
    On la boit quand cette bière?

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  3. « ou pire les réunions syndicales » :p C’était des malins à l’époque! Je partage ton coup de cœur pour l’apéro terril même si la montée et surtout la descente n’ont pas été faciles (et pourtant je n’étais pas en tongs!)

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  4. Ah l’ascension du terril, toute une histoire, un moment de fierté, surtout très attendu pour l’apéro qui le suivait ! un week-end si joliment interprété, alors la maison en briques c’est pour quand 😀 ?

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  5. Vos photos du terril sont magiques ! et celles du mémorial de manquent pas de cachet. Sans oublier bien sûr de vous décerner la palme de la meilleure photo devant l’expo amour (ironie du sort, ils sont de bien drôles de manières de s’aimer dans cette expo^^). Vous parlez très bien de ce joli week-end plein de beaux moments partagés

    Aimé par 1 personne

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