Balades argentiques de printemps

Comme vous le savez peut-être, ici on aime la photo argentique. Il y a bien sûr nos expérimentations au Kodak Vest Pocket, un appareil photo qui date du début du 20è siècle. Mais cela m’arrive aussi de prendre un appareil un peu plus récent, une pellicule, et de photographier à l’ancienne en me baladant. Oui, c’est désuet, mais pour moi, l’argentique garde un charme bien à lui, à la fois dans ses rituels (amener la pellicule à développer, attendre le résultat) et dans son rendu (un grain que le numérique ne restitue pas).

Il y a beaucoup de photos argentiques sur ce blog, mais en général elles ne sont pas signalées comme telles. Pour une fois, j’avais envie de changer et de vous montrer quelques images d’une même pellicule prise ce printemps.

Une pellicule, c’est une unité de temps en soi. Quand j’étais étudiante, j’ai fait plusieurs petits boulots autour de la photo. J’ai travaillé dans des labos de développement, pas des labos artisanaux, mais des endroits avec des machines où l’on voyait passer toute la vie des gens, juste avant que le numérique ne débarque. Et c’était vraiment fascinant de voir à longueur de journée ces capsules de souvenirs, les pellicules, avec leurs enchainements impromptus : une fête d’anniversaire, Noël en famille, des vacances avec les enfants, et parfois entre tout ça quelques photos gentiment coquines ! Une pellicule, c’est une vraie tranche de vie.

Alors je vous propose une petite tranche de printemps, en trois étapes.

Le cimetière du Père-Lachaise

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D’abord, une balade au Père-Lachaise avec notre amie Audrey, du blog Arpenter le chemin. Audrey vit au Canada et, si l’on se suit assidument par blog et réseaux sociaux interposés, on n’a pas souvent l’occasion de se voir. Elle était de passage en France ce printemps… une belle occasion pour la #TeamGothique de se retrouver dans un lieu idoine : le cimetière du Père-Lachaise. Sous un beau soleil, nous avons papoté entre les rangées de tombes et cherché les sépultures de femmes inspirantes comme Edith Piaf, Sarah Bernhardt ou la pionnière féministe Hubertine Auclert. Ok, ça peut paraitre bizarre comme retrouvailles, mais on a passé un super moment !

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La Galerie du temps au Louvre-Lens

Et puis début juin, nous sommes allées deux jours à Lens, l’une de nos destinations de cœur. C’est une autre histoire d’amitié qui s’écrit entre Lens et nous, depuis que nous l’avons découverte pour la première fois au printemps 2017 lors d’un roadtrip mémoriel. Cette fois-ci, nous nous sommes attardées au musée du Louvre-Lens.

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Pendant qu’Hélène visitait l’exposition « Homère », j’ai eu envie de me balader dans la Galerie du temps. C’est un endroit vraiment extraordinaire qui rassemble des œuvres allant de l’Antiquité au début du 19è siècle et venant de partout dans le monde. La spécificité de la Galerie tient à ce que ces œuvres sont exposées sans séparations ni frontières. Sans hiérarchie. L’histoire de l’art en version grand angle, en quelque sorte. Ça me parle. L’écrin d’aluminium tamise la lumière et sublime la beauté des peintures et des sculptures. J’ai erré dans le désordre, commençant par la fin et remontant le temps. On s’y sent bien, dans cette Galerie. J’aurais pu y rester des heures.

 

 

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Lens, centre-ville

Après ce passage au Louvre, nous nous sommes baladées dans le centre de Lens à la recherche des façades Art déco qui font la signature de la ville. Depuis cent ans, Lens n’a de cesse de se construire et de se reconstruire. Ville phénix, elle nous a glissé à l’oreille qu’elle était en pleine mue et qu’elle avait encore plein de choses à donner, à montrer. Pour nous, aucun endroit n’incarne aussi bien la notion de résilience. Et c’est ce qui fait qu’on a toujours envie d’y retourner.

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Si vous voulez en savoir plus sur l’Art déco à Lens, l’Office du tourisme de Lens-Liévin organise des visites thématiques sur ce sujet.

Alors, ça vous a plu ce format pellicule un peu vintage ? Est-ce que vous utilisez parfois de l’argentique vous aussi ?

Comme vous l’aurez compris, j’ai un faible pour la photo de vieille pierre ! D’ailleurs, j’avais fait une série argentique sur les animaux qui ornent les stèles des cimetières britanniques de Vimy lors de notre première virée autour de Lens. C’est à retrouver ici.

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Ces photos ont été prises avec un boitier Nikkormat, un objectif 50 mm f/2 et une pellicule Kodak Portra 160 ISO. Le Nikkormat est un boitier reflex amateur Nikon des années 1965-1975, qui permettait d’avoir accès à des objectifs de très bonne qualité sans casser la tirelire pour acheter un boitier pro. La légende du Nikkormat veut qu’il soit possible de planter des clous avec, et c’est vrai que c’est un boitier hyper robuste (mais aussi hyper lourd). Pour la petite histoire, j’utilise le Nikkormat de ma mère, qui faisait beaucoup de photo à l’époque et qui l’a toujours conservé précieusement.

Si vous avez envie de vous mettre à l’argentique, mais que vous ne savez pas trop par où commencer, je ne peux que vous recommander de faire un tour sur l’excellent blog Dans ta cuve. Nous pouvons aussi répondre à vos questions dans la mesure de nos modestes connaissances !

 


10 réflexions sur “Balades argentiques de printemps

  1. Le grain de l’argentique, c’est quand même inimitable… Tes photos sont superbes, avec des sujets qui se prêtent particulièrement bien au côté intemporel de l’argentique. As-tu déjà essayé de développer toi-même tes photos ?
    PS : il y a vraiment des gens qui trouvent ça bizarre, les sorties entre amies au cimetière ? 😀 Moi j’ai adoré !

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    1. Merci Audrey! Je n’ai jamais développé moi même mes photos, le matériel prend beaucoup de place et je crois que j’ai un peu la flemme aussi !
      A bientôt dans un cimetière ici ou là 😅😘

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  2. J’adore tes photos argentiques, je trouve que ça donne des photos qui ont davantage d’âme que celles prises avec un numérique. C’est pas très clair ce que je dis 😀 ! J’aimerais bien essayer un jour, il faudrait que j’essaie de voir si je peux faire marcher les vieux appareils que tu avais vus chez nous de mon grand-père… Si tu as une idée de comment je peux me renseigner, je suis preneuse ! Bisoius

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  3. Il y a dans mon Est profond un Emmaüs qui fait des bourses photos une fois par trimestre je crois. Ils ne vendent alors quasiment que des appareils argentiques. Depuis que je le sais, j’ai juste envie d’y aller, alors même que e serai incapable de choisir un appareil plutôt qu’un autre.
    Plus que le grain, j’aime la contrainte de la quantité de prise dispo et donc le temps d’observation nécessaire. J’aime aussi l’attente, ne pas savoir.
    J’ai un appareil Diana F+ (des ré-éditions faites dans les années 2000), je pourrai commencer par racheter une pellicule, mais je n’ose utiliser le développement par courrier (seule alternative vu où j’habite, surtout avec les pellicules si particulière de cet appareil).

    Par contre je suis surprise de la lumière sur tes photos prises dans la galerie du temps, puisque le flash n’y est pas autorisé. J’ai gardé une nuance plus sombre à l’esprit pour l’argentique.

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    1. Je crois que si tu as envie, il faut te lancer ! L’argentique n’est pas si compliqué et tu trouves des modes d’emploi en ligne très facilement, y compris pour des appareils anciens. Si tu as besoin de conseils, n’hésite pas !

      Dans la Galerie du temps, j’ai utilisé un objectif super lumineux, un 50 / f2 , ceci explique cela !

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