Cartes postales de la Côte d’Opale

Quand on pense aux Hauts-de-France ou au Pas-de-Calais, on ne pense pas forcément à la mer, et pourtant. De Calais à Berck s’étend la Côte d’Opale, une côte superbe, sauvage, une côte où il est autant question du ciel que de la mer, une côte marquée par l’histoire de la pêche et par la proximité de l’Angleterre. Les jeux de lumière rythment les journées, les arc-en-ciels jouent dans les nuages et les phoques batifolent au pied des falaises et sur les bancs de sable.

Voici quelques cartes postales glanées lors de nos différents passages ces derniers mois, à l’occasion d’un roadtrip en van en septembre 2020 et de deux séjours à Berck en mai et en novembre 2021. A toutes les saisons, la Côte d’Opale nous a séduites. Vous allez vite comprendre pourquoi.

Roadtrip en van autour des Deux-Caps

C’est le tout dernier roadtrip que nous avons fait avec notre vieux van (et oui, nous l’avons vendu depuis). Nous arrivions de la région de Lens, nous avons ensuite traversé les marais autour de Saint-Omer et pris la direction de la mer. Je n’oublierai jamais la vue spectaculaire quand l’Angleterre apparait, si proche !

En septembre 2020, les voyages d’une rive à l’autre de la Manche étaient fortement restreints et je suppose que la région est normalement beaucoup plus fréquentée par les Anglais. Pour nous, l’Angleterre est le pays où nous avons le plus envie de retourner, et nous l’avons presque touchée du doigt pendant ces vacances. En tout cas, nous étions aussi près d’elle que possible, à une trentaine de kilomètres environ au point le plus étroit.

Depuis Escalles, nous sommes descendues vers le chemin côtier pour voir le cap Blanc-Nez, qui marque l’entrée de la Manche. Nous avons fait plusieurs balades sur ce superbe sentier côtier pendant les jours suivants, à Wissant ou au cap Gris-Nez. La côte est plutôt escarpée et les chemins longent les champs où passent des vaches et des moutons. Le vent peut être fort et petite Vita nous en a un peu voulu pendant certaines balades. Le temps est changeant, une grande journée de soleil peut être suivie par une journée de brume et d’embruns. Ces contrastes nous plaisent. Impossible de s’ennuyer !

A Wissant, des bunkers sont semés dans les dunes et des kite-surfers s’éclatent les jours de vent. Les groupes de randonneurs cherchent un endroit où manger. L’ambiance est cool, relax, chill.

Trop marrant de jeter du sable sur sa maitresse !

Au cap Gris-Nez, les bunkers sont encore là, ainsi que les restes d’une forteresse érigée par Henri VIII, vestige des temps où Anglais et Français se chicanaient régulièrement. Un phare veille sur le trafic maritime, qui est particulièrement dense dans ce détroit entre la Manche et la Mer du Nord. Ici, les phoques s’approchent de la falaise sans peur des humains, qui ne peuvent pas descendre au bord de l’eau.

Si l’histoire vous intéresse, ne manquez pas le petit musée consacré au mur de l’Atlantique à Audinghen. Il est situé dans un des anciens bunkers de la batterie Todt et permet de s’immerger dans l’histoire de la région pendant la Deuxième Guerre mondiale. C’est une visite plutôt intéressante, qui donne un peu de contexte à tous les bunkers qui sont présents aux alentours.

Nous avons terminé ce roadtrip par la jolie ville de Wimereux. C’est la station balnéaire la plus proche de Boulogne et elle est plus coquette et bourgeoise que Wissant, assurément. L’ambiance est différente et nous avons préféré Wissant, mais c’est très agréable de se balader sur le front de mer de Wimereux, avec ses cabines de plage et son architecture Belle Epoque.

Au cimetière communal de Wimereux, il y a un carré de tombes du Commonwealth datant de la Première Guerre mondiale. L’endroit est très particulier puisque les stèles sont posées à même le sol à cause du terrain sablonneux. Parmi ces tombes, on trouve celles de nombreuses infirmières qui ont servi dans les hôpitaux de l’arrière-front, ainsi que celle du poète John Mac Crae, l’auteur du poème « In Flanders Fields ».

Camper sur la Côte d’Opale

Le coin se prête très bien à un roadtrip, car les distances ne sont pas très longues et que les paysages sont vraiment superbes. Toutefois, ce n’est pas l’endroit où il est le plus facile de trouver des spots pour dormir. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, nous sommes en bord de mer, et les parkings de bord de mer ne sont pas autorisés pour rester la nuit. C’est clairement signalé et il vaut mieux respecter les consignes, car la police est très présente dans le coin (ce qui fait un peu bizarre, j’imagine que c’est lié à la proximité de l’entrée du tunnel sous la Manche).

De plus, il n’y a pas beaucoup d’espace sauvage, car la région est très fortement agricole. Les sentiers côtiers longent généralement les champs. Il y a des vanlifers ou camping-caristes qui s’installent pour la nuit dans un champ, mais nous n’avons jamais osé le faire, ne trouvant pas cela très respectueux des agriculteurs. Par contre, ces derniers proposent souvent du camping à la ferme pour un prix modique, ou ils laissent carrément un champ à la disposition des campeurs, avec une honesty box. Ce système est vraiment pas mal de notre point de vue. Il y a aussi beaucoup de campings, ils sont un peu chers, mais ils sont pratiques et bien entretenus.

En bref, ça nous a semblé un peu plus contraignant que quand nous allons dans des régions moins fréquentées, mais la beauté des lieux le justifie largement !

Sous le ciel de Berck

Ah Berck, c’est un de nos coups de cœur 2021 ! Je vous avoue qu’on a choisi d’y aller un peu par hasard. On pensait d’abord aller en baie de Somme, et puis en regardant sur Airbnb on s’est aperçu que Berck était juste au-dessus et que les locations étaient moins chères. Ça nous a convaincues d’essayer ! A Berck, on a retrouvé ce qu’on aime avec la baie de Somme (les immenses plages à perte de vue) et ce qu’on aime avec le Pas-de-Calais (la convivialité, la bouffe et le côté dog-friendly).

En mai comme en novembre, le ciel de Berck est incroyable, c’est vraiment lui la star. On a eu des lumières magnifiques, des nuages sombres et menaçants suivis d’arcs-en-ciel, des couchers de soleil couleur rubis, des nuances de gris et de bleu surprenantes. Ce n’est pas étonnant que ce ciel serve de décor à une manifestation bien connue de cerf-volants, c’est le lieu idéal !

Ce qui est agréable aussi, c’est que Berck n’est pas seulement une station balnéaire. C’est une petite ville qui vit toute l’année, grâce au secteur de la santé notamment puisqu’il y a plusieurs hôpitaux et centres de rééducation. Il y a donc une population active, des étudiants et bien sûr des retraités. Les commerces sont ouverts hors saison, il y a un cinéma, un musée, un bowling, bref de quoi s’occuper. Une chose à noter également : étant donné qu’il y a beaucoup de patients en convalescence longue, les commerces et restaurants nous ont semblé plutôt bien équipés pour l’accueil des PMR.

Les autres stars de Berck, ce sont les phoques, qui ont leur spot régulier à marée basse au bout de la promenade qui part à gauche de la plage, vers la baie d’Authie. Depuis la jetée, on peut les voir d’assez près pour les saluer ou les photographier.

Si le cœur vous en dit, continuez ensuite sur le sentier des garennes qui s’enfonce dans les dunes. On plonge cette fois-ci dans une forêt de sable où poussent les pins et les bruyères. Les arbres portent les traces des tempêtes, certains sont enchevêtrés, d’autres brisés. Dans ce milieu végétal et salé poussent également toutes sortes d’algues ainsi que des argousiers. C’est une très jolie balade, qui donne envie d’explorer davantage les trésors de la baie d’Authie.

Etaples, mémoire et hareng

A une quinzaine de kilomètres au nord de Berck, sur les rives de la Canche, on change d’ambiance à Etaples. Les petites maisons de pêcheur qui descendent vers la rivière, les carènes des bateaux qui sont en cale sèche, les constructeurs de bateau, le musée maritime, le centre de découverte de la pêche en mer… tout ici semble tourner autour de la pêche.

Nous y sommes juste passées à l’occasion de la fête du hareng-roi, mais cela nous a donné envie d’y revenir. Quant à la fête du hareng roi, c’est l’une des nombreuses célébrations du hareng qui se déroulent sur toute la Côte d’Opale en novembre. Dans une ambiance très conviviale (et odoriférante), on peut se faire franchement plaisir à petit prix avec les basiques harengs grillés et la tarte spéciale (un genre de flan/far aux pruneaux), ou alors craquer pour les huîtres ou les acras (de hareng bien sûr).

Pour notre part, nous avons pris des harengs fumés au stand de deux pêcheurs néerlandais qui font apparemment la tournée de toutes les fêtes du hareng dans les parages. Ils ont une méthode de fumage artisanale et les harengs étaient tellement bons et fondants, c’était un régal ! (A manger sur une tranche de pain avec les doigts, en mode viking). Et pendant ce temps, des groupes de musique reprennent des chants de marins ou des chants folkloriques, tout cela dans une ambiance intergénérationnelle. Le genre de moment qu’on adore, populaire, sans chichi, vraiment sympa.

Une dernière chose sur Etaples : sa situation en a fait un lieu stratégique entre l’Angleterre et la France pendant la Première Guerre mondiale . Les troupes et le matériel passaient par ici pour arriver et repartir et il y avait plusieurs hôpitaux militaires aux environs. C’est pour cette raison que le plus grand cimetière du Commonwealth en France s’y trouve. Ne manquez pas de faire un tour dans ce lieu émouvant où sont enterrés tant de jeunes hommes (et de jeunes femmes) venus des quatre coins du monde.

Manger et boire sur la Côte d’Opale

Vous le savez, nous aimons les saveurs des Hauts-de-France même si elles manquent parfois un peu de légèreté !! (Comme dans tellement de régions de France, vous me direz.) L’avantage sur la Côte d’Opale, c’est qu’on peut combiner les spécialités des Hauts-de-France avec des produits de la mer, qui sont un poil plus légers. C’est une région de pêche et de conserverie et vous trouverez vraiment de bons produits, bien préparés, à peu près partout. La carte typique des restaurants de la région propose à la fois du welsh et des moules-frites, et vous avez souvent un plat du jour à base de poisson.

Voici quelques bonnes adresses que nous avons testées et approuvées :

  • le restaurant la Croisière, rue Carnot, à Berck. Apparemment, leur potjevleesch au genièvre vaut le détour, dixit Hélène qui est une connaisseuse. Je vous recommande leur chti coffee, la version locale de l’irish coffee avec de l’alcool de genièvre 🙂
  • la friterie la Cabine sur le front de mer à Berck, un incontournable. Quel plaisir de manger sa fricadelle-frites face à la mer (attention aux mouettes cependant ^^).
  • la brasserie l’Esplanade, sur le front de mer à Berck également. Les moules-frites sont très bonnes. Il y a une production locale de moules de bouchot à Berck et aux environs, donc elles étaient très fraiches.
  • pour ramener quelques spécialités locales, rendez-vous au Comptoir de l’Authie, rue Carnot, toujours à Berck. Cette épicerie fine comblera les gourmand.e.s !
  • le restaurant de l’Hôtel de la Plage à Wissant. Le cadre fait un peu vieillot de l’extérieur, mais la déco est très chaleureuse à l’intérieur. Les produits sont locaux et on a mangé du très bon poisson et des moules-frites très bien préparées aussi.

Et qu’est-ce qu’on boit en Côte d’Opale ? Vous nous connaissez, nous sommes #teambière. Deux micro-brasseries ont notre préférence :

  • la brasserie des Deux-Caps, située à Tardinghen (testez la blanche de Wissant ou la noire de Slack, par exemple) ;
  • la brasserie Quentovic, située à Beaurainville (coup de cœur pour leur bière tourbée).

Vous trouverez facilement ces bières dans les restaurants et les bars du coin.

Forcément, un territoire aussi beau et plein d’histoire ne pouvait que nous plaire ! Il nous manque encore à visiter Calais et Boulogne-sur-Mer, deux villes qui nous font bien envie. En tout cas, nous y retournerons, sur la Côte d’Opale, en toutes saisons. Pour tout vous dire, on s’imagine même parfois passer notre retraite à Berck ^^ Ce qui nous laisse le temps de faire quelques repérages d’ici là…

Et vous, vous connaissez la Côte d’Opale ? Ça vous tente ?


7 réflexions sur “Cartes postales de la Côte d’Opale

  1. J’ai fait la côte d’Opale il y a quelques années maintenant, surtout dans un secteur autour de Calais. D’ailleurs, si vous voulez voir des vieilles pierres, il y a le fort Batard à Nouvelle-Eglise. J’aime bien le côté sauvage du secteur, au cap Blanc-Nez (ou Gris-Nez, je ne sais plus), j’avais pris dans le museau des rafales de vent monumentales, les pires de toute ma vie ! 😀

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  2. Toujours heureuse de te lire ! je garde un beau souvenir d’un road trip ado sur cette belle côte… mais je n’ai pas vu les phoques. Il me faudra revenir…

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