#Blitztrip, le projet

Salut,

Moi c’est Paule-Elise, la dernière europhile avant la fin du monde.

Locomotive

 

 

Aujourd’hui, je vous présente mon projet #Blitztrip : un trip express de 15 jours en train en forme de déclaration d’amour à l’Europe.

A quelques semaines des élections européennes, mais aussi 30 ans après la chute du Rideau de fer et 100 ans après le traité de Versailles.

 

 

 

Pourquoi je fais ça ? Parce que j’ai l’impression que l’Europe, tout le monde s’en fout, et que ça me rend diablement triste. Moi, l’Europe, je l’aime. Je ne dis pas qu’elle est parfaite, loin de là, mais je fais partie de la génération qui a fait la fête à Madrid et à Berlin, qui est partie en vacances chez ses potes Erasmus en Italie et en Belgique et qui a peaufiné son anglais dans des auberges de jeunesse de Glasgow, Dublin et Derry. Et traverser l’Europe en train avec un pass Interrail était un vieux rêve…

L’amour a beau rendre aveugle, je sais bien que l’Europe a délaissé les siens. Depuis une quinzaine d’années, elle me déçoit comme elle vous déçoit sûrement, elle est devenue froide et lointaine. Dans nos voyages en van, en passant à Hayange ou à Hénin-Beaumont, nous avons vu les stigmates de cet abandon.

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Préparatifs : check !

Mais je me souviens comme si c’était hier de la chute du Mur de Berlin. J’avais 9 ans, je ne comprenais rien à la politique, mais je sentais toute l’émotion des gens dans la télé et celle de mes parents aussi. Je ne l’oublierai jamais. Nous avons vu les frontières tomber et cela me frappe de voir que les enfants d’aujourd’hui grandissent dans un monde déjà très différent. Un monde de surveillance et de sécurité, un monde tendu où les frontières ont tendance à repousser. Ce printemps, le Brexit prendra effet (ou pas) et cela fera trente ans que le Rideau de fer est tombé.

L’avantage de voyager sur des lieux de mémoire, c’est que l’on est relativement bien conditionné pour apprécier de vivre en paix. Avec ce blog, on a visité tellement d’endroits où c’était le chaos total il y a cent ans. D’ailleurs, quand on y pense, l’Europe c’était le chaos il y a 70 ans, il y a 500 ans et, attendez, il y a 2 000 ans ! En fait, c’était le chaos tout le temps. C’est vraiment rare dans l’histoire du continent d’avoir la paix depuis plusieurs décennies entre, disons, la France, l’Angleterre, l’Espagne et les voisins de l’Est. Je ne sais pour vous, mais moi j’aime beaucoup ça, vivre en paix.

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Immersion Mitteleuropa : en cours…

 

Il y a cent ans, l’Europe se relevait difficilement d’un abominable conflit, qui n’était d’ailleurs pas entièrement terminé. A l’Est, toute une géographie se redessine, et c’est là que je vais.

Comprendre les traités de l’après Première Guerre en une minute :

En 1919 et 1920 se tiennent à Paris plusieurs conférences de paix pour fixer les termes de la fin de la Première Guerre. Si je voulais être sarcastique, je dirais qu’il faut imaginer le plus grand rassemblement de vieux hommes blancs possible réunis pour un atelier de découpage géant. Les vaincus ne sont pas invités, ce dont ils garderont une rancœur tenace. Des experts géographes, de vrais môssieurs de la Sorbonne, tracent des frontières à tout va en Europe centrale et au Moyen-Orient. Sous couvert de respecter le droit à l’autodétermination des peuples, principe cher au président américain Wilson, l’objectif est clair : il faut hacher menu les anciens ennemis et faire des vieux empires une mosaïque de petits pays qui ne nous menaceront pas et où nous pourrons étendre notre influence.

 

Mon #Blitztrip passera par Berlin, Gdansk, Varsovie, Vienne (où Hélène me rejoindra pour un week-end), Budapest, Zagreb et Munich. Une ligne nord-sud en pleine Mitteleuropa, de la Baltique aux Balkans, de part et d’autre de l’ancienne frontière qui a scindé l’Europe en deux pendant la Guerre froide. Un pied à l’est, un pied à l’ouest.

Comme d’habitude, je vais palper l’ambiance et renifler quelques traces du passé. Tendre l’oreille à ce que ces lieux ont à me raconter. Voir l’Europe défiler derrière des vitres de train, me laisser porter par ses paysages. Je ne prétends pas que je vais tout comprendre à la vie en seulement 15 jours. Mais j’espère échanger quelques mots rudimentaires dans les voitures bars ou les buffets des gares, genre « Europa, good ? ». Pour voir ce qu’ils en pensent là-bas. Est-ce qu’ils s’en foutent, eux aussi ?

Je continue à croire que nous lui devons beaucoup, à l’Europe. Pour l’instant, je ne sais pas pour qui je voterai aux européennes, mais j’irai voter. J’irai voter pour dire à l’Europe que je crois encore en elle, que je l’aime encore, que ce n’est pas fini entre nous.

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Sept villes en 15 jours, 50 heures de train, c’est plus une performance qu’un voyage. C’est le contraire du slow travel, le contraire de ce qu’on fait ici d’habitude. Mais je ressens comme une urgence.

Oui, il y a urgence à retomber en amour de l’Europe. Avec l’espoir fou que, peut-être, tout le monde ne s’en foute pas finalement. Départ le 27 avril. Vous me suivrez ?

 

 

 

 

 

Un grand merci à Eric et Amandine pour la locomotive !

 

 


24 réflexions sur “#Blitztrip, le projet

  1. Bien sûr qu’on te suit ! Je suis vraiment curieuse de lire ce que tes échanges, aussi brefs soient-ils, vont donner. Tout le monde n’aime pas l’Europe… et j’en suis vraiment navrée. La situation économique n’est peut-être idéale mais la paix, cette paix chérie, quel privilège nous avons de la connaître…
    Et pourquoi pas un voyage en van, cette fois ?
    PS j’ai bondi de joie en lisant ton intro car j’ai exactement la même pour un article-fleuve sur mon tour d’Europe en 2014 (qui sera publié… un jour…). Un voyage en guise de déclaration d’amour, c’est exactement ça.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ! Alors c’est peut être l’occasion de le publier, cet article ! J’avais beaucoup aimé ton récit du train Nice-Moscou.
      Pourquoi pas en van? Je crois que cet itinéraire n’aurait pas été faisable en 15 jours, en plus je préfère éviter le van dans les villes. Ça sera moins fatigant et moins polluant comme ça. Et j’adore vraiment le train en fait !

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  2. On dit que j’habite au coeur de l’Europe, d’ailleurs on parle de l’Eurométropole Lille Kortrijk Tournai. J’ai connue les frontières entre la France & la Belgique, puis 1992 et ses ravages sur le plan économique avec leur suppression. Je suis une des dernières a avoir profité du statut de travailleur frontalier qui lui aussi est passé à la trappe en 2011, et qui disparaitra en 2033. J’ai l’impression qu’on essais d’effacer le mot frontière de notre langague, alors qu’en réalité beaucoup essais de les réinstaurer. L’Europe comme essais de nous la vendre les politiques, j’ai de plus en plus de mal à y croire, j’avoue. Voyager librement c’est formidable, par contre l’Euro c’est une catastrophe.
    Il y a tellement de choses qui nous dépassent avec l’Europe, que j’en ai pris le parti de me dire qu’il faut vivre avec.
    Hâte de te suivre dans ta découverte de l’Europe Schengen, c’est un beauprojet que voilà.

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    1. Merci Chacha ! Oui je pense que là où tu vis, tu es bien placée pour voir à la fois le meilleur et le pire de l’Europe. Je comprends bien ce que tu dis et je crois que de nombreuses personnes sont d’accord avec ça. On verra les découvertes que mon voyage me réserve !

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  3. Le voyage avec le pass interrail est aussi un rêve un peu vieux un peu fou. En fait ado, je rêvais d’un tel voyage quand je serai « adulte ». Et puis la trouille, les études, les boulots font que je ne l’ai jamais fait et j’avais en tête que c’était un truc réserver aux jeunes. un type de ticket qu’on ne peut pas acheter quand on a plus de 25 ans.
    Je n’ai découvert qu’il y a peu qu’il n’y a pas d’âge…
    Alors je vais suivre avec très grands plaisirs ton voyage, qui me fait penser au recueil de nouvelles que je viens de terminer « Carnets ferroviaires ». Surtout qu’il y a un siècle de ça, quand nous sommes devenus nomades, nous voulions d’abord découvrir l’Europe pour savoir d’où nous venions avant d’aller plus loin. Mais en tant que lent voyageur, nous n’avons découvert que Zagreb, quelques villes grecques, le nord de la Sicile et quelques villes britanniques (oui en un an…).

    Au fait, tu nous parleras aussi de tes lectures ? Moi je viens de mettre Ella Maillart sur le devant (mais j’en ai 3 en cours que je veux finir avant quand même).

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    1. Moi aussi je pensais que le pass Interrail était réservé aux jeunes! C’est vrai que ça fait truc d’étudiant, mais ça ne me déplaît pas! C’est ma pré crise de la quarantaine, je suppose 😅
      Si tu as des conseils pour Zagreb, je suis preneuse. J’y resterai 2 jours.
      Et bien sûr il y aura des clins d’oeil littéraire. Je suis en train de lire « Terminus Berlin » d’Edgar Hilsenrath, un auteur que j’aime beaucoup. J’ai prévu de prendre avec moi « Le monde d’hier » de Zweig pour mon voyage, ça semble approprié 😉

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      1. Pour Zagreb, mange des burek (pas les mêmes que dans les autres pays du coin, on prenait un de chaque variété dans une boulangerie et on se les partager en guise de repas). Et va au marché (il y en a un tous les jours un peu à l’extérieur du centre ville, moins intéressant quoique beaucoup plus gros, celui du centre ne se tient qu’un jour par semaine, je ne sais plus lequel) puis mets toi à la terrasse de n’importe quel café. Oh et à cette terrasse, en matinée prend un chocolat chaud. Si on te dit « nesquik ok » refuse (mais en général le matin c’est du vrai chocolat dans la marmite, qui cuit longtemps, hyper épais). Désolé, je n’ai retenu que la nourriture.
        Le cimetière est loin mais magnifique (j’en parle sur mon blog).
        ps : je ne connais pas Edgard Hilsenrath.

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  4. C’est génial, il y a quelques années, une amie avait prit aussi un pass interail valable 1 mois pour un Eurotrip et j’aurais adoré partir avec elle mais mon planning ne me le permettait pas. Je vais suivre ce super projet du coup, c’est vrai que l’Europe est belle, bien que je ne connaisse pas encore l’Est, ça me dirait beaucoup!!! Bon voyage 🙂

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  5. Ohhh mais oui que je te suivrai ! Une très belle déclaration d’amour à l’Europe, et je partage entièrement ton point de vue. L’Europe me donne plus souvent l’occasion d’être fière que la France (merci le Parlement européen), même si, parfois, elle me fait honte. Je vais particulièrement te suivre parce que, justement, je reviens de plus en plus vers le site internet du pass Interrail pour me planifier un rail trip un peu similaire (mais pas cette année, j’ai Corse). Hâte de voir ton périple à travers l’Europe.

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  6. J’adore ce projet +++ et je me ferai une joie de t’y suivre ! Je suis aussi un europhile convaincu, j’aime l’Europe (et j’aime que la France soit en Europe, j’ai toujours peur de ces discours eurosceptiques qui veulent faire sortir notre pays de l’UE) ! Trop hâte de découvrir ça sur votre blog ^^ Fais une bise à ma petite Varsovie de ma part ❤

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    1. Merci Alexis ! Ça fait vraiment plaisir de voir que plein de blogueurs aiment aussi l’Europe ! Je saluerai Varsovie pour toi, promis. D’ailleurs si tu as des recommandations (ou des articles), je suis preneuse !

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