Un week-end à Besançon

Cet été, nous avons fait un beau roadtrip de deux semaines et demi dans le Doubs… C’est où, le Doubs, nous direz-vous ? Ça fait partie de la Franche-Comté, en gros c’est sous l’Alsace et près de la Suisse… un superbe département, avec des lacs, des montagnes, des bons vins et du caractère… tout ce qu’on aime ! On vous racontera un peu plus en détails ce roadtrip bientôt, mais on voulait vous présenter aujourd’hui la capitale du Doubs, j’ai nommé Besançon !

Nous y avons passé un week-end en excellente compagnie, puisque notre ami Alexis, alias Le Petit explorateur, nous a fait le plaisir de nous montrer sa ville. Et il n’y a rien de mieux que de découvrir un endroit avec un local passionné ! (Même s’il a omis de vous parler vraiment de la météo dans sa région en plein été ^^).

Au programme : des blogueurs enfermés dans une citadelle, un lever de soleil sur le Doubs, un pique-nique comtois et des balades qui montent et qui descendent. Vous venez ?

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Le Doubs serpente dans la ville et la nature est partout

Explorer la Citadelle de Besançon

Elle surplombe la ville, nichée dans une boucle du Doubs. La Citadelle de Besançon, qui fut longtemps un lieu défensif dans cette région frontalière est aujourd’hui un endroit superbe à visiter, avec une très belle programmation. Nous avons pu tester la session photo au lever de soleil et l’escape game, deux expériences qui nous ont beaucoup plu ! On vous raconte ça.

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Blogueurs à la fraiche

Après quelques jours dans les montagnes et les tourbières, retour à la civilisation. Le réveil sonne dans la chambre d’hôtel. Il est cinq heures ! Ça pique un peu les yeux, mais nous sommes des blogueuses de choc, prêtes à tout pour vous faire rêver.  Nous allons prendre des photos du haut de la citadelle de Bezac (le petit surnom de Besançon) en mode lever du soleil.

La Citadelle propose des sessions photos pour les accros de la prise de vue matinale (et les blogueurs très courageux) plusieurs fois à la belle saison. Après une petite grimpette dans le noir à travers les  rues de la ville, nous rejoignons Alexis et nous voyons le jour se lever du haut des remparts. Le ciel est couvert, ce qui n’est pas top pour les photos, mais la citadelle est toute à nous et c’est une manière magnifique de la découvrir, avec ses remparts édifiés par Vauban et ses échauguettes qui surplombent le Doubs. A neuf heures, le jour est levé et il est temps d’aller prendre un bon petit-déjeuner en ville !

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Le jour se lève sur la Citadelle

Nous sommes retournées à la Citadelle le lendemain avec Alexis ainsi que Lucie et Cécile, les conquérantes du blog A la conquête de l’est. Cette fois aussi, un défi nous attend (mais à une heure plus raisonnable !).

D’abord, on prend des forces au Grand Couvert, la brasserie de la Citadelle, avec un super burger comtois (steak, saucisse de Morteau et morbier, la vie quoi) ou une généreuse salade de la mer. Nous voilà prêtes à participer à notre premier escape game : « L’Affaire des poisons ». Même pas peur ! Avec les copains, nous entonnons notre cri de guerre « Blogueurs forever !!! » avant d’être enfermés dans la cellule de l’abbé Cotton, qui fut homme d’église et empoisonneur assidu (une belle carrière).

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Ces blogueurs sauveront-ils la réputation de Mme de Montespan ?

Nous sommes envoyés par l’ancienne favorite du roi Louis XIV, Athénaïs de Montespan, pour fouiller les lieux et trouver un carnet compromettant. Notre mission consiste donc à sauver l’honneur de la dame. Les filles d’A la conquête de l’Est sont des habituées de ce type d’aventure et nous donnent des consignes précises. On fouille à fond, on parle beaucoup (pas de problème pour nous jusque-là). Ce n’est pas facile de parler de l’épreuve sans trahir les énigmes, mais d’après ce que j’ai compris, la réussite d’un escape game repose sur trois choses.

Tout d’abord, la qualité des décors ; dans « L’Affaire des poisons », on ne peut pas être mieux servi puisque nous sommes enfermés dans une véritable cellule. Niveau réalisme, impossible de faire mieux. Deuxième facteur essentiel, l’implication du Game Master. Là encore c’était parfait, Delphine nous a suivi à fond et nous a donné les indices qu’il fallait. Ce qui n’était pas facile, car nous n’avons pas toujours été super futés. Enfin, un bon escape game demande bien entendu de bonnes énigmes.  « L’affaire des poisons » a été conçu par La clé du bastion, qui est considérée comme une référence en la matière. Les épreuves étaient vraiment sympas, même si certaines nous sont passées au-dessus de la tête. Mais bon au niveau logique, personnellement, je suis un peu comme une poule devant un couteau.

 

Alors, ça donne quoi cinq blogueurs enfermés dans une cellule de la Citadelle de Besançon ? Nous avons réussi à sortir de la pièce en cinquante-trois minutes, ce qui est tout à fait honorable. « Blogueurs forever ! » Honnêtement, on s’est super bien amusés. En tant que fan d’histoire, c’est génial de pouvoir s’immerger dans l’époque du Roi Soleil. En plus, le jeu a été conçu grâce à de solides recherches historiques et à la fin du jeu, un livret explicatif sur la vraie Affaire des poisons vous est remis. De quoi ébaubir (ou saouler, c’est selon) vos amis grâce à votre connaissance sur le sujet.

Une session photo au lever du soleil, un escape game, c’est plutôt cool la Citadelle de Besançon… et c’est loin d’être fini ! La Citadelle est un incontournable pour les amateurs d’histoire, mais aussi de nature. Alors on a fait deux équipes l’après-midi pour explorer tout ça.

 

La Citadelle abrite notamment un zoo, un noctilium et un aquarium. On n’aime pas trop les zoos, donc on a fait l’impasse, mais j’étais curieuse de visiter le noctilium. Bien sûr, les animaux y sont maintenus en captivité, mais il s’agit ici d’espèces locales et souvent considérées par méconnaissance comme nuisibles. L’accent est mis avant tout sur leur sauvegarde.

Lorsque j’étais petite, j’ai souvent entendu des gens expliquer comment ils avaient piégé des rats, des chouettes ou des martres qui squattaient leurs greniers. Pour ces espèces, l’opinion change doucement. Les animaux du noctilium doivent être considérés comme des ambassadeurs encore nécessaires, en espérant que les mentalités changent. La remarque est également valable pour l’aquarium et la ferme aux écrevisses. N’y sont présentées que des espèces locales, avec beaucoup d’informations sur l’environnement. Savez-vous que si vous avez beaucoup de truites près de chez vous, cela veut dire que l’eau de votre rivière est assez propre ? En revanche, si vous avez surtout des gardons, c’est une autre histoire. Voilà le genre de choses qu’on peut apprendre à la Citadelle de Besançon… Instructif pour petits et grands !

Quant aux amateurs d’histoire, on leur conseille de commencer par le spectacle multimédia dans la chapelle Saint-Etienne, véritable immersion dans l’histoire de la Citadelle à travers les âges, des Romains jusqu’au 20ème siècle. Le spectacle dure quinze minutes et il est très bien fait !

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Ensuite, on a visité le Musée de la Résistance et de la Déportation. Il fermera bientôt pour rénovation et rouvrira dans deux ans, mais la collection est très complète et passionnante. C’est l’un des premiers musées sur ce thème qui a ouvert en France, en 1971, à l’initiative de Denise Lorach, ancienne déportée à Bergen-Belsen. La Citadelle de Besançon est aussi un lieu de mémoire, car cent résistants y ont été fusillés de 1941 à 1944. Un monument leur rend d’ailleurs hommage.

Et si je vous dis qu’on n’a même pas tout visité à la Citadelle de Besançon, vous me croyez ? En tout cas, ce lieu était vraiment une très belle surprise !

Nous avons été invitées par la Citadelle de Besançon pour toutes les activités, les visites et le repas. Un grand merci à Emilie !

La vieille ville

Après un petit  café croissant après la session lever du soleil, Alexis nous emmène à la découverte de sa ville favorite. Nous nous baladons avec plaisir le long du Doubs dans une ambiance bucolique. Ensuite, c’est braquage des halles du marché et pique-nique pantagruélique sur les bords de la rivière… Comté, griottines, jambon du Haut-Doubs, bières locales, tout ça les pieds dans l’herbe avec la vue sur la Citadelle… le bonheur !

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Dans Franche Comté, il y a Comté…

L’estomac plein, on récupère Lucie et on embraye sur une exploration des curiosités architecturales du centre, détails historiques et anecdotes à l’appui. Nous avons particulièrement aimé le quartier du Battant, avec ses rues pentues, les anciennes arènes (qui se méritent) et son atmosphère un peu plus populaire que le centre-ville.

 

Après un apéro sur les berges du Doubs et encore de bonnes bières artisanales, nous nous écroulons dans la chambre comme des loques à 21 heures (on était debout depuis 5 heures, remember !). Nous sommes cuites, mais ça en valait vraiment la peine.

 

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Dans la vieille ville, deux musées sont à voir : le musée du Temps et le musée des Beaux-Arts.

Le musée du Temps

L’ambiance du musée du Temps est cool et feutrée – parfait pour un moment hors du temps haha. Il accueille des collections de tapisseries et de peintures de l’époque Renaissance, qui rappellent l’influence des Habsbourg sur Besançon. L’autre pan des collections est consacré à un fleuron de l’artisanat de Franche Comté : les montres. Je ne suis pas une grande fan de ce type d’objets, mais il s’agit d’un incontournable de la région et la visite m’a permis d’enfin comprendre comment marche une montre. J’ai aussi pu voir un pendule de Foucault, et comme je suis fan du livre éponyme d’Umberto Eco, ça a fait son petit effet.

Enfin, et surtout pour les fans d’histoire que nous sommes, le musée détaille les différentes industries horlogères de la ville et de la région qui sont pour la plupart fermées aujourd’hui. Plusieurs panneaux didactiques évoquent les pratiques propres aux fermes ateliers de la région. On y parle notamment de l’usine Lipp. Son histoire est célèbre pour les baby-boomers, mais elle mérite d’être rappelée aux plus jeunes (comme nous^^). En 1968, suite à une fusion hasardeuse avec une boite suisse, Lipp fait faillite et doit fermer. Les ouvriers manifestent, volent les stocks et décident de continuer malgré tout la production de montres. Ils feront tourner la boite sans patron avec de très bons résultats pendant dix ans. Loin de moi l’idée de passer pour une dangereuse gauchiste, mais cette histoire ne peut que laisser songeuse…

 

Musée des Beaux-Arts

C’est un autre fleuron culturel de la ville (encore un !), surtout depuis sa récente rénovation. D’abord, le bâtiment est vraiment étonnant. Dans l’enveloppe classique d’une ancienne halle aux grains se niche une structure en béton brut datant des années 1970. Le contraste est superbe et très bien mis en valeur ! Cela vaut la visite en soi, mais la collection n’est pas mal non plus, rassurez-vous.

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« Besançon me fait perdre la tête, et toi ? »

Vous y verrez d’abord une belle sélection d’archéologie, qui rappelle les origines romaines de Besançon, alias Vesontio. Il y a quelques superbes mosaïques notamment. J’ai bien aimé aussi les sculptures médiévales. Mais, comme de nombreux visiteurs, j’étais attirée par les tableaux de l’enfant du pays, Gustave Courbet.

Vous le connaissez sans doute pour son tableau sulfureux « L’origine du monde », mais il a beaucoup puisé l’inspiration dans la vie rurale de son Doubs adoré. Si ses tableaux les plus connus sont aujourd’hui au Musée d’Orsay, on peut admirer au musée des Beaux-arts de Besançon son chef d’œuvre « L’Hallali du cerf ». C’est une scène spectaculaire de trois mètres sur cinq, quasiment taille réelle, qui montre l’agonie d’un cerf pendant une scène de chasse. Ok, le sujet est un peu trash, mais c’était ça son fonds de commerce, à Courbet : montrer la réalité, y compris dans ses aspects les plus déplaisants. En fait, le tableau est superbe et tellement impressionnant. Les corps des animaux sont peints avec un tel réalisme, sur fond de neige et de ciel incertain. L’ambition de Courbet était de donner une même grandeur à la vie quotidienne qu’à celle des héros de légende ou des saints. Personnellement, j’adore.

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La pause matrimoine

Vous l’aurez compris, le patrimoine de Besançon est riche et foisonnant. La ville s’enorgueillit aussi de quelques « Grands Hommes », puisque c’est là que Victor Hugo et les frères Lumière sont nés. Mais qu’en est-il du matrimoine ? Haha, j’avoue que pour une fois, on allait passer notre tour. Mais c’était sans compter sur Alexis, qui connait nos marottes et qui nous a soufflé dans l’oreillette le nom d’une Bisontine vraiment cool : Jenny d’Héricourt.

Je n’ai pas beaucoup plus d’informations sur elle que ce que nous dit Wikipédia, malheureusement. Sachez en tout cas que Jenny d’Héricourt était une féministe du 19ème siècle qui était sage-femme et écrivaine. Ses écrits ont mis au jour la misogynie de certains philosophes de son époque. Elle s’est ainsi pris le bec avec Proudhon, autre Bisontin fameux et précurseur du socialisme, qui lui opposait son « infériorité intellectuelle naturelle. »

Est-ce que les temps ont vraiment changé ? Je ne sais pas, mais en tout cas cette Jenny d’Héricourt mériterait des rues à son nom ailleurs que dans sa ville natale…

Voilà pour cette découverte de Besançon, une ville pleine de charme qui fait selon nous une destination parfaite pour un week-end culturel au vert.

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Et on remercie bien sûr Alexis, ambassadeur passionnée de sa région ! C’était un plaisir de découvrir Besançon avec toi !


6 réflexions sur “Un week-end à Besançon

  1. Quelle belle découverte pour moi ! Vraiment chouette votre road-trip de deux semaines. J’ai appris pas mal de choses et surtout, je prends des notes pour mes prochaines vacances 🙂

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